Le 26 août, un concert à la Saline royale d’Arc-et-Senans a mis un point final éclatant à trois semaines de résidence. Trois semaines pour apprendre à jouer ensemble — et surtout, à vivre ensemble.
Tout commence pupitre par pupitre. Les musiciennes et musiciens se rencontrent, apprivoisent leurs différences, apprennent à faire unité dans la diversité. Des coaches issus des plus grandes phalanges françaises transmettent leur art — mais pas seulement. Lors de tables rondes, ils racontent aussi ce que veut dire être musicienne ou musicien : la vie en pupitre, les doutes, les choix d’une carrière.
Puis vient le moment où tout se rassemble. Les premiers tuttis, sous la battue de Simon Clausse, réunissent l’orchestre au complet. Kristiina Poska prend ensuite la direction musicale, et c’est là que quelque chose bascule : l’orchestre trouve sa respiration commune. Cette année, la belle surprise, c’est le violoncelliste Edgar Moreau, venu prêter sa voix au Concerto d’Elgar aux côtés des jeunes musiciennes et musiciens.
Jouer, c’est aussi savoir transmettre. Un atelier animé par Priscille Lafitte, productrice chez France Musique, a ouvert la réflexion sur la médiation culturelle — mise en pratique dans des concerts de musique de chambre disséminés sur le territoire. Un manège à chevaux, une bergerie, une clairière : la musique s’est invitée là où on ne l’attend pas, auprès de publics différents.
Et puis il y a tout ce qui échappe aux partitions ! Les bassons qui reprennent Édith Piaf pendant le repas, les seconds violons qui s’essaient à Bohemian Rhapsody, les parties d’échecs qui s’éternisent, un tournoi de belote qui s’organise, et pour les plus téméraires, la course à pied ou le pédalo sur le lac de Chalain.
L’orchestre s’est formé. Il ne lui reste plus qu’à partir ! Direction les pays baltes, où l’OFJ posera ses valises dans cinq villes en dix jours — Kristiina Poska, elle-même estonienne, guidant l’orchestre jusqu’à sa terre natale.














